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Quelles attributions ?
Les CCEE ont un avis consultatif. Cet avis est obligatoire dans certains cas, il peut être sollicité par une assemblée locale ou être le résultat d’une auto-saisine du CCEE, sur un sujet qui lui semble crucial.
L’enseignement initial est une chose, mais une société ne peut pas progresser si l’environnement familial, associatif, sportif et de loisirs ne joue pas son rôle. Le CCEE a fréquemment insisté sur les lacunes du socio-éducatif à La Réunion, où seulement deux enfants sur dix partent en vacances ou en centre de loisirs. Et les choses ont peu progressé depuis ce rapport qui date de 1992...
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« Encore un comité ! lisait-on dans les journaux. Il allait falloir faire les preuves de notre utilité », se souvient un « ancien », Raymond Mollard, membre du CCEE depuis sa création (1).
La nouvelle instance soulève en effet des réticences : créé sous l’impulsion du président Mitterrand, par un gouvernement de gauche, dans un contexte local fortement ancré à droite, et composé en majorité de personnalités connues pour leur action associative ou syndicale, le CCEE apparaît comme un « nid de trublions », dont on se méfie d’emblée. Ses premières prises de position sur l’histoire, le créole, l’éducation n’arrangent pas les choses et il faudra toute l’énergie de Robert Gauvin à La Réunion, lors de la cohabitation de 1986, pour que les CCEE soient maintenus.
Ce n’est qu’au fil du temps que les préjugés disparaîtront et que l’utilité du CCEE deviendra évidente pour tous... quel que soit leur ancrage politique.

Les attributions des CCEE peuvent se subdiviser en trois catégories :
-  Les cas où la loi prévoit un avis obligatoire du CCEE : plans de développement régionaux, discussions du budget régional (dans les domaines de compétence du CCEE), rapport annuel sur l’audiovisuel...
-  Les cas où une des deux assemblées, Conseil Régional ou Conseil Général, saisit le CCEE pour avoir son avis sur un point particulier : projets de lois-programmes pour l’outre-mer, préparation des Assises des libertés locales, etc.
-  Les cas où le CCEE se saisit lui-même, afin d’alerter les collectivités sur des sujets qui lui semblent cruciaux : construction de lycées, modification du calendrier scolaire, problèmes majeurs de santé (alcoolisme, drogue à l’école, etc.)

La somme de ces travaux représente des centaines d’heures de réflexion par an, occasionnant de nombreux rapports.

1 - Raymond Mollard est devenu vice-président du Conseil régional en 2004, de même que Denise Delorme. Avant eux, deux autres membres du CCEE, étaient devenus vice-présidents de la Région : Raymond Lauret et Alain Armand.
Point de vue

Un certain franc-parler

« Le CCEE observe que, si les Orientations Budgétaires pouvaient laisser penser que les actions de la collectivité seraient de grande ampleur, le projet de Budget Primitif ne traduit pas toutes les ambitions affichées par la collectivité régionale… »
(Avis du CCEE sur le projet de Budget Primitif de la Région pour l’exercice 2004)

« Le CCEE émet un avis très favorable concernant le projet de développement du TCO, qu’il estime être le premier projet réunionnais de cette envergure à réellement tenter de mettre en œuvre une démarche de développement durable… »
(Avis du CCEE sur le projet d’agglomération du Territoire de la Côte Ouest, TCO, 2003)

« De tels objectifs peuvent rester utopiques, si les moyens financiers correspondant à l’exercice des nouvelles compétences par les collectivités locales n’étaient pas effectifs… »
(Avis du CCEE sur le projet de loi relatif à la décentralisation, août 2003)