Recherche dans le site  
Les CCEE : quand l’outremer ouvre la voie
En ces temps de polémiques opposant partisans et adversaires de la décentralisation, il est quatre institutions historiquement issues de ce concept qui sont propres aux Régions d’Outre-Mer...
pres_run (GIF)

Ces quatre institutions réunissent pourtant un large consensus sur leurs missions et sur leurs réalisations : il s’agit des Conseils de la Culture, de l’Éducation et de l’Environnement qui ont célébré en 2004 leurs vingt ans d’existence au service du développement de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de La Réunion.(Préface de la plaquette « Le CCEE de La Réunion, vingt ans », parue en 2004)

Créés en parallèle aux Conseils Économiques et Sociaux, placés pour servir d’organes consultatifs aux exécutifs régionaux d’Outre-Mer, nos quatre C.C.E.E. se sont attachés, au fil de ces deux décennies, à investir pleinement le champ de compétences que leur ouvrait la loi, à rassembler les hommes, à s’engager vers l’avenir.

Car comme leur nom l’indique, leur domaine n’est pas celui du quantitatif mais du qualitatif, de l’immédiat mais du devenir, de l’Avoir mais de l’Être :
-  Ouvrir largement aux générations nouvelles les voies de l’avenir tout en assumant l’Histoire, et en garantissant le respect des langues et des cultures ;
-  Construire un système éducatif ouvert à toute la jeunesse, ambitieux, performant, conciliant la transmission des savoirs, la construction de la citoyenneté et la qualification professionnelle ;
-  Préserver l’espace, la forêt, le littoral, la biodiversité, tout en répondant aux impératifs de développement de l’agriculture, de la pêche, du tourisme, et en faisant face aux urgences en matière de logements, d’équipements publics, de transports...

La tâche, on s’en doute, n’avait rien d’aisé. Raison de plus pour nous y consacrer sans faillir, d’autant que l’urgence était là, qui rendait inopérante toute velléité de reproduire tel ou tel modèle extérieur : un peuplement marqué par l’esclavage et l’engagisme, l’empreinte coloniale, la société de plantation, une démographie galopante, des retards structurels considérables, des taux records d’illettrisme et de chômage, des services publics largement insuffisants pour répondre aux fortes attentes des populations concernées.

Nous l’avons assumée d’une part en appelant au dialogue tous les partenaires institutionnels et associatifs de chacune de nos régions, d’autre part en tissant dès l’origine entre nos quatre Conseils, par-delà les mers, des liens de concertation, de coopération et de profonde solidarité qui ont très largement contribué à l’efficacité de notre action, tant vis-à-vis des gouvernements centraux que des exécutifs locaux et de l’ensemble de nos concitoyens.

Ainsi avons-nous institué la conférence permanente des Présidents, et organisé en commun dans chacune de nos régions nombre de manifestations (conférences, colloques) touchant à nos différents domaines de compétences : culture, éducation, environnement, langue, sport, tourisme.

Nous avons choisi également de situer notre action au cœur des grandes problématiques du temps : la notion d’ultrapériphérie au sein de l’Union Européenne (avec l’organisation d’une conférence des Présidents à Bruxelles en janvier 2003), le développement d’Internet et des T.I.C. (avec la mise en place des Universités de la Communication), l’information et l’audiovisuel, la mobilité et la continuité territoriale, l’ouverture à la création et aux pratiques artistiques, la lutte contre l’illettrisme, la promotion de l’Éducation Populaire, l’approfondissement de la coopération régionale...

Cette grande œuvre, bien entendu, se poursuit et se poursuivra dans le moyen et le long terme. L’heure est aujourd’hui au bilan. Certes, dans le fonctionnement institutionnel de nos Conseils - et notamment leurs financements et leurs moyens humains - bien des améliorations restent à obtenir. Mais ce bilan est à nos yeux largement positif. Les CCEE se sont résolument engagés dans les grandes dynamiques de ce vingt-et-unième siècle naissant, en défendant les valeurs éducatives, identitaires et culturelles, en s’inscrivant dans le développement économique et le mouvement social, en revendiquant la pleine citoyenneté des habitants des Régions d’Outre-Mer, en tissant des liens de confiance et d’amitié avec les peuples des pays voisins. Nous sommes même allés bien plus loin, puisque aujourd’hui les quatre « Vieilles Colonies » d’Ancien Régime sont devenues des terres où la jeunesse bouge, crée, étudie, s’exprime, recherche, voyage. Puisque les Ultramarins et Ultrapériphériques ont subverti l’histoire et la distance pour instaurer, sur des bases de confiance et de respect mutuel, des liens renouvelés avec leurs compatriotes aborigènes des vingt-deux « régions métropolitaines »...

Bon anniversaire et bonne route à nos CCEE ! ...

Alain Buffon, président du CCEE Guadeloupe
Auxence Contout, président du CCEE Guyane
Serge Ménil, président du CCEE Martinique
Roger Ramchetty, président du CCEE Réunion

Vingt ans, deux présidents, un objectif
Des débuts difficiles
Les priorités
L’âge de raison
Les défis de demain