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Parce que les DOM sont différents
Les CCEE d’outre-mer apportent leur réflexion dans de nombreux domaines, que ce soit par « saisine obligatoire » ou à la suite d’une auto saisine.
Les CCEE d’outre-mer apportent leur réflexion dans de nombreux domaines, que ce soit par « saisine obligatoire » ou à la suite d’une auto saisine.

Les CCEE, d’abord Comités, puis Conseils de la Culture, de l’Éducation et de l’Environnement, sont une spécificité de l’outre-mer français... dont d’autres régions s’inspirent aujourd’hui.

L’origine de ces nouvelles institutions datait de plusieurs années : dans sa Lettre à tous les Français, le candidat Mitterrand avait, en 1981, souligné que le « droit à la différence culturelle constituait un élément important des libertés des régions d’outre-mer. »

Encore fallait-il trouver le bon moyen pour faire entendre cette différence...

Les CCEE ont été conçus dans l’élan de la décentralisation, en 1982, afin de permettre aux régions d’outre-mer de réaffirmer et préserver leur identité et leur richesse culturelle. Comme l’expliquait Henri Emmanuelli, ministre des DOM-TOM de l’époque, il s’agissait de « sauvegarder la culture traditionnelle des DOM, mais aussi de l’enrichir et de la développer pour permettre aux hommes et aux femmes qui s’en réclament d’atteindre la plénitude de leur identité. »

L’état des lieux montrait des retards considérables dans de nombreux domaines, liés aux pesanteurs héritées de l’époque coloniale (en 1981, la départementalisation n’avait que trente-cinq ans) et aux urgences consécutives à la forte augmentation de la population (à La Réunion, elle avait plus que doublé depuis la fin de la guerre).

Si le « quantitatif » semblait pris en compte par le système déjà en place, avec les Conseils Régionaux (et leur instance consultative, le Conseil Économique et Social) et les Départements, le « qualitatif » apparaissait un peu oublié. Or, il pesait lourd dans une société en pleine mutation : sans une formation initiale et continue de qualité, sans une culture fière d’elle-même, sans une indispensable préservation de ses lieux de vie, la légendaire harmonie ultramarine était menacée.

C’est ainsi que les CCEE ont été conçus : comme des « laboratoires d’idées » chargés de donner aux instances locales (Région d’abord, puis Région et Département depuis 1992) des avis, des propositions, des suggestions, dans quatre domaines de prédilection :

-  La Culture, dans toutes ses expressions : arts, langue, connaissance du passé et du contexte géographique et social, information, nouveaux médias...
-  La Formation initiale (1) et continue,
-  L’Environnement et sa préservation,
-  La Coopération régionale.

Vaste programme !

1 - En 1984, on ne comptait que 6 lycées à La Réunion et plus de 20 % des habitants étaient analphabètes.
Point de vue

Les CCEE : un modèle

L'expérience poursuivie depuis plus de vingt ans dans les DOM fait des adeptes : un CCEE a été institué en 2002 à Mayotte, et le Conseil Culturel de Bretagne ou l'Institut Culturel Basque sont des instances consultatives de proposition assez comparables, dans leurs objectifs et leur fonctionnement, aux CCEE des DOM.

Par ailleurs, de nombreux groupements de collectivités s'entourent de conseils consultatifs. Par exemple, à La Réunion, la communauté d'agglomérations du TCO (Territoire de la Côte Ouest) a créé un Conseil de développement.
En ce sens, les CCEE prouvent bien leur utilité comme modèles d'une autre forme de démocratie participative