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13 avril 2017
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« Une pédagogie qui unit et qui libère »

Les Rencontres de l’Éducation de l’océan Indien accueillent comme invité de marque Philippe MEIRIEU, le chercheur, professeur des universités, pédagogue et militant d’éducation populaire. Il ouvre les débats et travaux en ateliers avec une conférence introductive autour de deux notions à priori opposées s’agissant de pédagogie, unir et libérer.

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Philippe Meirieu - conférence introductive

CONFERENCE INTRODUCTIVE de Philippe MEIRIEU

Le conférencier rappelle en préambule les défis considérables pour la société, parmi lesquels une population de bientôt 10 milliards d’humains, une planète aux ressources matérielles finies et les possibilités des ressources humaines infinies. Les ambitions des projets éducatifs ne sont pas non plus des moindres dès lors qu’ils refusent l’exclusion et cherchent à réduire les échecs.

Eduquer est en soi quelque chose de difficile, c’est tout à la fois transmettre et émanciper. En cela l’espèce humaine est unique puisque « le petit d’homme » est par essence un être de potentialités non stabilisées. Il ne suffit par contre pas d’enseigner pour que les élèves apprennent car l’engagement personnel est indispensable.

L’enseignant a ici un rôle primordial pour le favoriser en créant comme préalable un espace éducatif, au sens d’un espace « hors menace » sécurisant et rassurant. L’enfant peut ainsi prendre des risques, avoir le courage de se lancer dans l’inconnu et y découvrir ce qui va lui permettre de se réaliser.

Il est nécessaire de concevoir un réel accompagnement, pour amener le jeune le plus loin possible et lui permettre de se dépasser. L’enjeu de l’éducation est d’accompagner le développement des savoirs et de permettre à l’homme de se les approprier pour ensuite les formaliser et les restituer. A l’inverse de la logique éco dominante amenant à l’épuisement des ressources, dans le domaine culturel, donner, échanger et restituer les œuvres emmagasinées, c’est posséder encore plus et mieux.

Philippe MEIRIEU rappelle la difficulté de l’éducation qui s’investit et ne doit rien attendre en réciprocité. Elle ne doit pas non plus viser l’obéissance passive.

Face aux défis et aux enjeux et aux ambitions, locales notamment, en matière d’éducation, les sociétés tâtonnent, en essayant tant bien que mal à allier intérêt individuel et bien commun. Il faut aussi composer avec un nouveau statut de l’enfant, proie à l’infantilisation par la société de consommation, nourri aux nouvelles technologies, avec une attention plus volubile.

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Salle comble pour la conférence introductive

Le chercheur associe à sa conception de l’éducation la symbolique de la table qui réunit et sépare, autour de laquelle les individus doivent travailler ensemble « sans se massacrer » et dans la sagesse.

Il en appelle à la réflexion en ateliers sur le sens de la vie et insiste en conclusion, avant de citer Jean Jaurès et sa vision du courage, sur le fait que dans l’humain on ne détruit que ce que l’on remplace.

L’enjeu fondamental de l’éducation est donc aujourd’hui d’aider les jeunes à trouver une identité, qui remplit leur vie sans aliéner leur liberté (face au développement de la publicité, de la société de consommation et des sollicitations multiples amenant à toutes formes d’emprise).

Pour détruire ces ferments de violence dans le monde il faut proposer quelque chose qui fasse sens à la vie et à l’engagement. Et de rappeler qu’en éducation populaire, l’engagement est fondateur, au service de la solidarité, sans exclusion avec un objectif où l’humain aura sa place

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