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2 octobre 2016
Webmestre

Il changeait la vie… (Hommage à JYL par D. Picardo)

C’est difficile de parler d’un ami, encore plus d’en parler au passé. Les mots me manquent et si j’ai si longtemps retardé l’exercice, c’est peut-être parce que je ne savais pas vraiment comment vous dire Jean-Yves…

Notre amitié s’est faite tout simplement, au fil de nos rencontres, au fil des envolées (pas lyriques, pragmatiques, je dirais même prosaïques) qu’il avait parfois, de la lueur dans les yeux qu’il avait toujours, de la passion des choses qui était son moteur.

Jean-Yves ne faisait rien à moitié, ni dans ses engagements, ni dans ses colères, car il pouvait avoir de sacrées colères le bougre !

Ce sont peut-être même elles qui vont le plus me manquer, car dans ses colères-là, il y avait le meilleur du monde : le refus des injustices, le combat incessant contre la connerie, l’amour profond de ses semblables.

Jean-Yves avait la passion des choses. Subjugué par sa maîtrise des comptes, j’étais persuadé qu’il avait derrière lui une longue formation d’analyste financier et j’étais toujours stupéfait par ce qu’il savait trouver dans les arides alignements des lignes comptables. Jusqu’au jour où il m’avait appris qu’il était à la base un instituteur que ses engagements associatifs avaient amené à s’intéresser aux comptes. D’autres n’auraient intégré que la portion congrue, Jean-Yves est allé jusqu’à la quintessence, suscitant parfois de l’inquiétude dans les yeux de grands financiers lorsqu’il se préparait à les interpeller sur tel ou tel point.

Jean-Yves aimait la vie, pas simplement pour lui, mais pour tous, ceux qu’il connaissait, mais aussi tous les autres. Et, à sa manière, il s’évertuait sans cesse à l’améliorer…

Jean-Yves croquait la vie, à belles dents avec la vigueur qu’il savait mettre par exemple en entamant sa deuxième entrecôte de 700 g, sous les yeux ébahis d’une serveuse qui avait cru à une erreur de commande.

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Au Colloque Inter CCEE de 2010

En novembre 2010, au Domaine des Pierres, dans le cadre d’un colloque inter CCEE sur « la place du sport dans les outre-mer français », j’étais le rapporteur d’un item sur "Le sport dans les Outre-Mer en 2030 : Quelle ambition ?". J’avais choisi de le faire sous forme d’une parodie de journal radio, prospectif, où, en 2030, nous annoncions la finale de la coupe d’Europe de football à la Réunion et revenions sur le travail qu’il avait fallu mener pour arriver à cela.

Avec Jean-Yves, nous avions pensé que sur tous ces aspects que nous avions travaillé ensemble, la forme ludique pouvait attirer davantage encore l’attention.

Par boutade, j’avais baptisé le stade qui accueillait cette finale, stade Jean-Yves Langlois. À la fin de mon intervention, Jean-Yves m’avait balancé une amicale bourrade en me disant : « mon quit’ ta mère, ou vé di a moin en 2030, mi sera dan planch’ sapin ».

Sans croire au magico-phénoménisme, Jean-Yves, je t’avoue que, depuis ton départ, j’y pense parfois. Je me dis qu’on peut parfois être "guel cabri" sans le savoir.

Mais là où tu es, mon ami, saches que si j’avais su que ce serait vrai, j’aurai voulu conjurer le sort, je ne l’aurais pas dit.

Dominique PICARDO

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